Du banal vol de portefeuille à l’attentat terroriste : toutes les menaces ont été envisagées par le spécialiste des escapades au cœur de domaines forestiers, pour permettre à ses visiteurs de se déconnecter des inquiétudes du quotidien et de vivre une expérience au plus près de la nature. « Le challenge consiste notamment à assurer une prévention des risques efficace mais discrète. Vis-à-vis de nos clients qui sont en mode vacances et qui laissent bien souvent à l’entrée du domaine leurs réflexes de vigilance, avec l’ensemble de ses tracas urbains », explique Grégoire Caruhel, Operational Risk Manager Center Parcs Europe en charge de la France, lors d’une interview exclusive à En Toute Sécurité.
Créée en 1967 aux Pays-Bas, racheté en 2000 par le groupe Pierre et Vacances, le leader des courts séjours en Europe dispose de six domaines en France, dont le plus grand s’étend sur 400 hectares et peut accueillir jusqu’à 6 000 personnes. « Nous sommes donc confrontés aux mêmes problématiques que celles d’un gros village en termes d’incivilités, de sécurité incendie ou de risques sanitaires. Enjeu supplémentaire : la clientèle de chacun de nos domaines se renouvelle deux fois par semaine. Sans compter qu’une grande partie pratique quotidiennement une multitude d’activités de loisir », indique le manager.
Au-delà de la réglementation
Pièce centrale de ce dispositif récréatif, « Aqua Mundo », un espace aquatique recouvert d’un dôme, qui abrite piscines à vagues, tobogans, jeux d’eau et rivières. Il peut recevoir de 1 000 à 1 500 personnes dans un décor et à une température tropicale.
« Nous devons tout particulièrement veiller aux risques liés à la baignade, le plus sévère d’entre eux étant le risque de noyade. D’autant que nos bassins ne sont pas les mêmes que ceux d’une piscine classique. Pour cette raison et au-delà de leurs diplômes obligatoires, nos maîtres-nageurs sont formés et entraînés aux process spécifiques élaborés au niveau européen par Center Parcs. Nous avons également mis en place des mesures de prévention adaptées et extrêmement rigoureuses. Car même dans ces espaces dédiés au divertissement, nous ne faisons aucun compromis sur la sécurité », explique Grégoire Caruhel.
Il en va de même pour les autres activités (plus de 80…), pour lesquelles l’établissement de type ERP, doit se soumettre à toutes les réglementations afférentes à leurs pratiques. Et disposer d’un personnel qualifié (moniteurs sportifs, secouristes, agents d’accueil formés aux gestes de premiers secours…) présents 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. « Nous nous appuyons notamment sur les Plans d’Organisation de la Surveillance et des Secours (POSS) régis par le Code du sport. Mais allons encore plus loin que la réglementation, afin de garantir à notre clientèle un séjour sans soucis et en toute sécurité », assure Grégoire Caruhel.
Des gendarmes en VTT
Les dangers ne se limitent cependant pas à ceux des activités sportives. La clientèle, essentiellement composée de familles en quête de calme et de nature, présente peu de risques en termes d’actes de violence ou de malveillance interne. « A l’occasion des rondes et interventions, nos équipes rappellent parfois à nos clients les réflexes de vigilance de base. Par exemple : placer un antivol sur son vélo ou sa poussette, verrouiller son véhicule laissé sur les parkings ou fermer la porte et les fenêtres de son cottage. Tous nos sites sont entièrement clos afin de démarquer clairement leurs limites. Mais le continuum de sécurité entre nos domaines privés et l’espace public a été renforcé grâce à un partenariat noué depuis avril 2017 avec la Direction générale de la gendarmerie nationale, qui s’est depuis décliné sur tous les sites localement », explique Grégoire Caruhel.
Cette démarche mise en place entre une entreprise privée et les pouvoirs publics en matière de sécurité, permet l’échange d’informations, la mise en place et la préparation d’exercices communs. Elle se traduit également par des conventions signées à un niveau régional permettant par exemple à des groupes de gendarmes de patrouiller en VTT et d’intervenir si besoin sur les chemins forestiers privés des domaines.
Center Parcs n’en néglige pas pour autant ses propres moyens techniques et humains au service de la sécurité de ses clients. Eloignés des villes et isolés en pleine campagne, ses domaines se révèlent particulièrement exposés et vulnérables, face à une menace de type exogène. Notamment d’origine terroriste. Quatre de ses établissements ont ainsi été l’un des tout premiers sites de l’Hexagone à être labellisés « Securi-Site ». Cette certification mise en place après les attentats de 2015 et délivrée par les services de l’État, est destinée à véhiculer auprès des touristes étrangers une image de la France qui se préoccupe de leur sécurité. Concrètement, cette convention permet notamment d’améliorer les procédures de coopération, d’autoriser la mise à disposition des images de vidéosurveillance aux forces de sécurité ou la présence itinérante d’agents de sécurité privés sur la voie publique à proximité du site, chargés, sous l’autorité des forces de l’ordre d’exercer des missions de surveillance contre les vols, dégradations et effractions.
Jusqu’à 60 agents de sécurité
Chaque domaine est doté de son propre système de vidéosurveillance avec un réseau de caméras répartis à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments. Entre 15 et 60 agents (en fonction de la taille, de la localisation et de la fréquentation du site) sont dédiés à la sécurité et la sûreté avec une orientation client primordiale, d’où leur appellation de « Guest service ». Il s’agit à la fois de personnel interne et d’agents externes. Afin d’inscrire l’ensemble des équipes dans une démarche homogène, l’entreprise a fait appel à un prestataire unique, la société Capital Sécurité.
L’ensemble de ce personnel est formé à l’éventualité d’une attaque terroriste. Et capable de mettre en œuvre toutes les procédures nécessaires pour alerter au plus vite les forces d’intervention. Il peut aussi mettre à l’abri les clients et les collaborateurs, secourir les blessés grâce à une formation aux premiers secours en situation dégradée. Tous les moyens de prévention sont également mis en œuvre, notamment en matière de sensibilisation aux risques de radicalisation.
Grégoire Caruhel : un docteur vétérinaire à la sécurité
Docteur vétérinaire de formation, Grégoire Caruhel œuvre depuis une douzaine d’années dans la prévention et la gestion des risques au sein de structures publiques ou privées. Après 4 années de pratique, il a ainsi intégré le ministère de l’agriculture à la Direction générale de l’alimentation comme vétérinaire inspecteur. Puis, il a pris la responsabilité pendant 8 ans de l’organisation sécurité prévention des risques à la Chambre de commerce et d’industrie de région Paris Ile-de-France.
Il est nommé Operational Risk Manager France pour les Center Parcs Group en 2015. Grégoire Caruhel pilote également au niveau européen la double certification « Politique Naturall » détenue par le groupe et attestant d’un bon management de l’environnement et de l’énergie.
Center Parcs en chiffres
• 23 sites en Europe et six domaines en France ;
• 1 850 employés en France (dont 1 117 à temps plein) ;
• 1 500 à 6 000 lits par domaine ;
• 71,4% de taux d’occupation sur toute l’année.