CEIS réfléchit à des opportunités de croissance externe

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Guillaume Tessier : “Nous avons les moyens financiers de nos ambitions”.

Appuyée depuis décembre dernier par CM-CIC Investissement qui est entré dans le capital, la société de conseil en sécurité et analyse stratégique réfléchit pour la première fois à la possibilité d’effectuer des opérations de croissance externe, annonce Guillaume Tissier, son nouveau président, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« Nos fondamentaux sont solides et nous avons les moyens financiers de nos ambitions. Nous ne nous interdisons pas de saisir des opportunités à moyen terme. Nous sommes désormais à l’écoute », précise-t-il. Il ne s’agit pas pour autant de réaliser une « diversification hasardeuse » des activités, estimant par exemple que les synergies entre intelligence économique et sécurité des biens et des personnes opérationnelle « ne sont pas évidentes ». Une allusion à son concurrent Risk & Co qui est présent dans ces deux domaines (voir ETS n°670).

Fondée en 1997 par Olivier Darrason, CEIS (Compagnie européenne d’intelligence stratégique) veut « accélérer son développement et être plus ouvert sur l’extérieur », souligne Guillaume Tissier qui a été nommé président à l’occasion de l’arrivée de CM-CIC Investissement comme « actionnaire minoritaire de référence ». Olivier Darrason, qui a ainsi entamé la transmission progressive du capital au management, reste opérationnel puisqu’il prend en charge le développement des activités à destination des territoires, les affaires publiques et les grands projets internationaux, tout en présidant le Comité d’orientation stratégique.

 

Indépendance garantie

« Cette solution, qui est le fruit de deux ans de réflexion, garantit notre indépendance et notre pérennité », affirme Guillaume Tissier qui se situe dans une approche de « continuité dans le changement ».

« Nous avons des ambitions différentes selon nos activités : nous sommes un acteur de niche avec une offre ciblée dans le conseil en stratégie, alors que nous souhaitons devenir un leader dans le conseil en sécurité et l’intelligence économique. Enfin, nous sommes déjà un acteur clé dans les prestations de cyber intelligence », analyse le président.

Le conseil en sécurité et l’intelligence économique (lutte anti-fraude, analyse concurrentielle, détection d’acquisitions, accès à des marchés), représente seulement 20% du CA total, mais c’est l’activité qui se développe le plus vite (avec une croissance de 20% par an environ), aux côtés du conseil en stratégie (40% du CA) et de la cybersécurité (40% également).

Fort de 80 collaborateurs, CEIS va procéder à dix recrutements cette année. Deux nouveaux collaborateurs viennent d’intégrer l’activité cybersécurité dirigée par Vincent Riou : Sébastien Chaudron, un ex-DGA et ANSSI, qui est en charge des opérations, et Thierry Chiofalo, un ancien RSSI qui supervisera les activités de conseil. CEIS a monté un centre de formation et d’entrainement avec la société de cybersécurité Diateam au sein d’un GIE Baptisé Blue Cyforce.

Guillaume Tissier veut également accélérer le développement du FIC (Forum International de la cybersécurité) dont CEIS assure l’organisation avec la Gendarmerie nationale. La dernière édition a accueilli 10 000 visiteurs (contre 1 500 en 2013) et 400 exposants.

CEIS travaille quasi-exclusivement pour des clients français, notamment dans les domaines de la défense, des collectivités territoriales, du transport, de l’énergie et des banques. La société souhaite diversifier ses secteurs d’activités dans le conseil en sécurité. Elle réalise plus de la moitié de son CA à l’international en accompagnant des acteurs français sur place et en s’appuyant sur des partenaires locaux.

Rentable, l’entreprise a réalisé un CA de 13 M€ en 2018 et vise une « croissance régulière ».