CDSE : Gérald Darmanin en faveur 
d’une direction du continuum

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La loi sur la sécurité intérieure, qui sera « déposée en février-mars », devrait contenir de nouvelles dispositions sur la sécurité privée, a annoncé Gérald Darmanin le 16 décembre lors du colloque annuel du CDSE.

« Ce qui n’a pas été fait avec la loi Sécurité Globale, on va le mettre dans la Lopsi », a déclaré le ministre de l’Intérieur en ajoutant qu’un titre du texte de loi pourrait être consacré à la profession. S’il a estimé que le continuum de sécurité existe, celui-ci est « quand même à construire ». Dans cette optique, Gérald Darmanin s’est prononcé pour la création d’une direction du continuum au sein du ministère, notamment pour les transports publics et privés, de même que pour la sécurité privée. Il a cependant précisé que ce projet n’était pas encore finalisé.

Il s’est montré favorable à l’instauration d’un cercle de confiance, c’est-à-dire à la formalisation d’échanges d’informations entre les forces régaliennes et la sécurité privée, tout en s’interrogeant sur la nature des informations partagées sur des personnes ou des comportements. Le ministre s’est néanmoins interrogé sur le problème de confidentialité que cela pouvait soulever. Ce sujet sera étudié au cours du premier trimestre 2022, mais il ne relèvera pas forcément de la loi, a-t-il-ajouté.

La réforme du CNAPS devrait être intégrée dans la future Lopsi. « C’est un bel outil, mais il faut assouplir certaines règles », a affirmé Gérald Darmanin en annonçant que des moyens importants seront mobilisés, notamment pour augmenter les effectifs de l’agence de régulation.

 

Un club de copains devenu partenaire de l’Etat

La sécurité privée est « la troisième force de sécurité et si l’Etat devait reprendre ses missions, ce serait sans doute avec une efficacité moindre », a affirmé le ministre.

Auparavant, Stéphane Volant a rappelé les principales revendications de la profession : garantie financière, intégration de la sécurité incendie dans le périmètre réglementé, échanges d’informations avec les forces régaliennes. « Quand les donneurs d’ordre et les prestataires sont d’accord sur ces questions, l’Etat n’a qu’a adopter leurs propositions. Unis, nous serons invincibles », a déclaré le président du CDSE en faisant allusion aux propositions communes élaborées avec le GES voici quelques mois.

En raison de la crise sanitaire et des confinements, l’anniversaire des 25 ans de création du CDSE, qui devait avoir lieu l’année dernière, a été officialisé à l’occasion de ce colloque. « Nous sommes passé d’un club de copains à un statut de partenaire exigeant et loyal de l’Etat. A la création de notre organisation, le directeur sécurité était surtout un patron du gardiennage de son entreprise, alors qu’il est devenu aujourd’hui un garant des libertés et le représentant de l’entreprise pour les questions de sécurité vis-à-vis du ministère de l’Intérieur », a analysé Stéphane Volant.

En 1995, le club rassemblait une quinzaine de membres pour monter à une quarantaine en 2011 du temps de la présidence d’Alain Juillet et à environ 150 aujourd’hui. Le président du CDSE s’est réjoui de rassembler 600 inscrits à ce colloque.