Cathy Robin, directrice générale, estime que les élections municipales se traduiront par une utilisation croissante de caméras-piétons.
Après avoir perdu l’appel d’offres en 2018 de la police nationale face à l’entreprise chinoise Hikvision, la filiale française du groupe américain cherche désormais à consolider sa place auprès de certains segments de clientèle. Elle souhaite en effet équiper davantage les forces régaliennes, et plus particulièrement les polices municipales, de ses pistolets à impulsion électrique et de ses caméras-piétons. Les élections municipales du 15 mars prochain pourraient donc profiter à Axon France. A Paris, l’éventuelle réélection de la maire sortante Anne Hidalgo pourrait par exemple favoriser la société : l’édile a annoncé vouloir équiper 3 400 agents municipaux de caméras.
« Nous sommes déjà présents auprès des forces de police avec le Taser et plus récemment, des sapeurs-pompiers avec les caméras-piétons. Nous voulons devenir un acteur majeur en France et sommes dans l’expectative d’équiper encore plus ces forces, qui représentent un gros potentiel de vente », explique Cathy Robin, directrice générale France d’Axon, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Des dizaines de villes importantes comme Bordeaux, Versailles, Grenoble, Rueil-Malmaison, Perpignan et Trappes utilisent déjà les solutions Axon. « L’interaction entre les produits est importante afin de maximiser les informations au même endroit », poursuit Cathy Robin. Si les pouvoirs publics préparaient un nouvel appel d’offres, cela permettrait alors à Axon de conquérir un marché de plus de 22 000 policiers municipaux.
Clientèle du secteur public
La clientèle d’Axon France se compose de groupes et d’autorités issus du secteur public. Outre la police et la gendarmerie, on trouve aussi l’administration pénitentiaire. Pour accélérer sa diversification, Axon a mandaté Lysios Public Affairs, un cabinet de lobbying qui a réussi, en mars 2019, à faire adopter un amendement au Sénat lors de l’examen de la loi mobilité. Elle a donc pu pénétrer le marché des transports en équipant la RATP, la SNCF et Keolis, sa filiale transport.
La société pourrait bénéficier de nouvelles perspectives à partir du 30 juillet prochain, date d’entrée en vigueur d’une extension de la réglementation sur la protection des travailleurs isolés. Elle pourrait donc équiper les agents assermentés tels que les chauffeurs et les contrôleurs. Axon a également tenté de négocier avec des groupes de sécurité privée avant de faire machine arrière pour des raisons législatives.
Forte présence au Royaume-Uni
Axon est présent en France depuis 2005 et compte moins d’une dizaine de salariés. Elle n’a pas d’entité juridique sur le territoire. Celle-ci se situe en Allemagne, qui est aussi le centre logistique pour l’Europe, et aux Pays Bas, qui regroupe l’équipe marketing et juridique pour le continent. Une autre entité est aussi basée à Londres. La société collabore avec deux distributeurs exclusifs, GK Pro et Equipol, filiale du groupe Rivolier. Quant au siège mondial d’Axon, il a élu ses quartiers dans l’Arizona, aux Etats-Unis. La société a été fondée en 1993 par Rick Smith et portait initialement le nom de Taser.
A l’international, l’entreprise négocie avec 108 pays-clients et recenserait environ 1 500 salariés dans le monde. Très présente dans les pays anglo-saxons, elle a notamment remporté un appel d’offres important au Royaume-Uni, en 2016, lui ayant permis de livrer 22 000 caméras-piétons à la police de Londres (voir ETS n°640). Axon a gagné récemment un appel d’offres en Suède et effectue « une belle percée en Allemagne », confirme Cathy Robin.