Brink’s réduit sa voilure

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Patrick Lagarde annonce une renégociation des tarifs avec les clients.

Affecté au-delà de ce qu’il prévoyait initialement par la réduction de l’utilisation du cash, Brink’s France adapte ses structures et cherche à compenser cette tendance par une diversification de ses services, annonce Patrick Lagarde, son PDG au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité.

« A clientèle constante, le volume de cash collecté et traité a baissé de 5% en 2019, notamment en raison du mouvement des Gilets jaunes et des grèves contre la réforme des retraites, mais aussi à cause d’une tendance générale à moins utiliser le cash. Cette baisse est supérieure à nos prévisions et pose un problème de coût unitaire de nos services, compte tenu de nos frais fixes », affirme-t-il.

Patrick Lagarde annonce une renégociation des tarifs. « Les discussions ne sont pas faciles mais nos clients comprennent en général cette démarche », indique-t-il.

Le dirigeant prévoit une diminution de 20% à 30% de l’utilisation du cash au cours des trois à cinq prochaines années, ce qui suppose des mesures d’économie dans l’entreprise. C’est ainsi que le nombre d’implantations a été réduit de 15% depuis trois ans pour arriver à 55 centres-forts et que sept d’entre eux ont vu leur activité réduite à la seule gestion du transport de fonds et ne font plus de traitement des valeurs. Les effectifs ont été réduits de 200 personnes par an depuis trois ans pour revenir à 4 000 salariés. « Ce processus va se poursuivre au cours des trois prochaines années », précise Patrick Lagarde.

Compte tenu de cette tendance, l’exercice 2019 — meilleur que celui de l’année précédente — n’est pas jugé totalement satisfaisant et pas en ligne avec les objectifs initiaux.

 

Diversification vers de nouveaux services

Cette évolution va être contrebalancée par l’émergence de nouvelles offres, comme l’infogérance ou l’intégration de services. Ces­ ­dernières représentent 30% du CA aujourd’hui et devraient dépasser 50% en 2022.

Brink’s va par exemple lancer cette année une offre permettant aux particuliers de payer une facture en cash, y compris un achat effectué sur internet, ce qui suppose de s’associer avec un réseau de commerçants.

L’entreprise, qui se définit désormais comme un intégrateur de services dans l’écosystème du cash, compte également sur la mise en route de l’important contrat d’infogérance signé l’été dernier avec le groupe BPCE, portant sur la gestion de 11 600 automates bancaires (voir ETS n°680). L’investissement se situe en dessous de 5 M€ (trente personnes à temps plein sur ce projet, transformation de l’outil informatique et du plateau technique, etc.), auxquels s’ajouteront le rachat du parc de DAB. Un investissement supporté à l’échelle du groupe, car ce projet pourrait intéresser des banques en Amérique.

« Le CA provenant de BPCE n’interviendra qu’à partir de 2021. Nous avons deux dossiers à l’étude avec des banques portant sur un modèle similaire d’infogérance », explique Patrick Lagarde.