Bodyguard en liquidation judiciaire

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Le tribunal de commerce a prononcé le 16 avril la liquidation judiciaire sans poursuite d’activité de Bodyguard, un poids moyen de la sécurité, co-fondé en 1993 par Eddir Loungar.

Selon divers salariés, le personnel (au nombre d’environ 430) a appris la décision judiciaire par un SMS envoyé par la direction de l’entreprise.

La société avait été condamnée en mars 2015 pour travail dissimulé et blanchiment pour des faits remontant à 2008-2009. Des amendes avaient été prononcées, tandis que des voitures de luxe avaient été confisquées et des comptes bancaires saisis pour des montants de plusieurs centaines de milliers d’€ (voir ETS n°589).

Bodyguard, qui était présidé par Laetitia Mériaux puis par Robert Martin, a eu la particularité de travailler essentiellement pour de nombreux marchés publics, parmi lesquels la plupart des ministères à Paris, la surveillance de la tribune présidentielle lors du défilé du 14 juillet, le Sénat, la mairie de Paris, l’Institut National de l’Audiovisuel (voir ETS n°405). Parmi ses références, on comptait aussi LVMH, Nina Ricci ou la CCI de Paris Ile-de-France (voir n°549). Eddir Loungar avait annoncé en 2008 la création d’un GIE rassemblant 40 entreprises de gardiennage cumulant un CA de 290 M€, mais aucun détail n’a été donné par la suite (voir ETS n°428).

La société s’est hissée parmi les vingt premiers du gardiennage en 2007, selon l’Atlas d’En Toute Sécurité, avec un CA qui avait atteint à l’époque 32,5 M€. Bodyguard VIP a un temps été leader de la protection rapprochée.

Bodyguard fait partie de LM Holding (les initiales de Laetitia Mériaux) qui détient des intérêts dans une cinquantaine de sociétés présentes dans la sécurité, la restauration, l’hôtellerie, le conseil, la finance, etc. Déjà propriétaire de l’écurie Loungar Racing, le dirigeant avait racheté en 2014 un domaine de 25 hectares près de Lisieux pour l’entrainement de pur-sang.