La société de téléassistance cotée en bourse effectue un bond en avant en rachetant Securitas Téléassistance, un poids moyen du secteur, ce qui lui permet de se hisser parmi les leaders.
« Nous acquérons une nouvelle dimension puisque notre parc de raccordements passe de 37 000 à 50 000 abonnés si bien que nous détenons désormais environ 7% du marché », affirme Laurent Levasseur, PDG de Bluelinea, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité. Il précise que cette opération va permettre au groupe de dégager un résultat d’exploitation positif dès l’année prochaine pour un volume d’affaires proche de 10 M€.
Cette annonce a été bien accueillie en bourse puisque l’action est montée de 32% le jour de la publication du communiqué de l’entreprise.
« Parmi plusieurs groupes intéressés, Bluelinea n’était pas le mieux disant sur le plan financier, mais nous avons été choisi, car Securitas voulait l’assurance que tous les salariés seraient repris et que ses clients soient parfaitement pris en charge. En nous retenant, c’est une véritable reconnaissance de notre savoir-faire », estime le dirigeant.
Securitas Téléassistance, dont le nom va disparaitre, emploie 21 collaborateurs pour un CA de 2,1 M€ en 2020 et un résultat d’exploitation avant dotations aux amortissements et provisions et frais de groupe de 0,5 M€. La société dispose de 12 309 abonnés, en opérant en direct ou au travers de gestionnaires de résidences services, d’associations ou d’entreprises de services à la personne. « C’est un nouveau type de marchés publics pour Bluelinea », souligne Laurent Levasseur. Securitas Téléassistance répond par exemple à des appels d’offres de villes comme celui de Marseille qu’il a gagné ou de collectivités locales.
Il est très rare que Securitas France vende une de ses activités, mais il faut dire qu’il ne figurait pas parmi les ténors de la téléassistance. La filiale française du groupe suédois s’était véritablement lancée sur ce créneau en 2016 avec le rachat de Serenitis (voir ETS n°608), mais la croissance n’a pas été au rendez-vous puisque cette société disposait à l’époque de 13 000 abonnés pour un CA de 2 M€, soit exactement les mêmes chiffres qu’aujourd’hui alors que le marché est en croissance. Celui-ci a en effet progressé en moyenne de 6% par an en nombre de raccordements depuis cinq ans et de 3,3% en valeur, selon les statistiques de l’Atlas d’En Toute Sécurité.
En 2020, une année favorable en raison de la crise sanitaire qui a mis l’accent sur la nécessité de protéger les personnes âgées, la profession a réalisé un CA de 94,3 M€ (+4,3%) pour un parc de 752 020 abonnés (+4,9%), selon les données collectées dans l’Atlas. En rachetant le n°11, Bluelinea, qui était n°6, devient le n°5, selon le classement d’En Toute Sécurité. « Nous pensons que le marché va poursuivre le mouvement de concentration en cours, tant en France qu’à l’échelle européenne », analyse le PDG qui ne veut pas répondre à notre question portant sur d’éventuelles autres acquisitions de la part de Bluelinea. En 2016, la société avait racheté l’activité téléassistance de Protection 24, filiale de BNP Paribas (voir ETS n°611) puis Santé Services l’année suivante (voir ETS n°634). En 2019, un accord avait été signé avec GIES portant sur 10.000 nouveaux contrats (voir ETS n°684), mais il a pris beaucoup de retard et seulement 2000 raccordements ont été souscrits à fin juin 2021 (voir ETS n°723).
L’opération avec Securitas sera autofinancée avec un échéancier de versement des fonds sur 2021 et 2022 « compatibles avec les flux de trésorerie prévisionnels de l’entreprise ». Dans cette optique, Bluelinea a mis en œuvre un plan d’optimisation des coûts et de son organisation, dont l’objectif est de générer une « économie récurrente de coûts d’exploitation de 1,4 M€ en année pleine dès 2022, soit 20% de nos charges », explique le PDG.
En 2020, la société a réalisé un CA de 6,9 M€, en augmentation de 10% (voir ETS n°712) pour une perte de 2,7 M€ (voir ETS n°718).