Kris Barcewicz : “Nous lancerons nos produits à la mi-2018”
La start-up spécialisée dans la sécurisation des communications vocales cherche des investisseurs pour accélérer la commercialisation de sa solution de cryptage. « Nous devons encore stabiliser la solution et effectuer des tests, notamment auprès des opérateurs téléphoniques, puis nous visons une première mise sur le marché à la mi-2018 », annonce son président Kris Barcewicz, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité. Une levée de fonds devrait lui permettre de se salarier, lui et son DG, Arnaud Graube, ainsi que de réaliser entre trois et six embauches l’an prochain.
Hébergée chez l’incubateur public PACA Est à Sophia Antipolis, la start-up va franchir une nouvelle étape de son développement en janvier, en intégrant la pépinière Le Village du Crédit Agricole. Pour 2018, le PDG table sur un CA entre 0,3 et 0,6 M€, avec l’ambition de tripler ce chiffre chaque année par la suite. « Nous estimons notre marché total adressable entre 4 et 6 milliards d’€. Si nous pouvons atteindre entre 0,25 et 1% de part de marché d’ici cinq ans, soit 15 M€ de CA, nous aurons rempli notre objectif », espère-t-il.
Une clientèle aisée visée
Son produit, un boîtier autonome baptisé CipherBox, assure une communication vocale sécurisée de bout-en-bout sur les divers réseaux de téléphonie mobile, fixe, internet, etc. Ce vocodeur universel effectue un chiffrement directement de la bouche à l’oreille, avant même que le signal n’entre dans le médium de transmission, et ce, sans utiliser de connexion data. Une innovation par rapport aux autres produits déjà sur le marché, avec d’un côté des applications à télécharger comme Telegram, Silent Circle ou Redphone, et de l’autre des téléphones sécurisés proposé par Thales ou Sectra, souvent « complexes d’utilisation » et « peu sophistiqués » selon Kris Barcewicz.
« Il n’existe encore aucune autre solution en Europe qui permette de crypter à la fois Skype, Whatsapp et les téléphones mobiles » ou les radios de type talkie-walkie, fait-il valoir. Le seul concurrent direct à sa connaissance est installé dans la Silicon Valley. « Nous misons sur le fait que la voix constitue le premier moyen de communication humain, quelles que soient les évolutions technologiques », explique le dirigeant, qui n’exclut néanmoins pas, à l’avenir, d’étendre sa gamme de produits à d’autres types de communications comme les mails. « Le marché est en pleine croissance, d’autant plus qu’en 2018 entrera en vigueur le règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) qui oblige les professionnels à se protéger », explique-t-il. Sur ce point, BlackBoxSecu vise une clientèle aisée : agences de sécurité privée ou publique, grandes entreprises du Cac 40, VIP (avocats, journalistes, banquiers, célébrités, etc.), organismes gouvernementaux et potentiellement les forces spéciales des armées.
Ingénieur en télécoms, Kris Barcewicz a été chef de projet au centre R&D de l’Américain NVidia à Sophia Antipolis avant d’en partir à la suite d’un plan social en 2015. Dans la foulée des scandales d’écoutes illégales des anciens présidents français par la NSA et d’affaires d’espionnage économique aux très lourdes conséquences financières, il décide alors de lancer sa propre start-up avec un autre ancien de NVidia, Arnaud Graube.
La société est constituée en janvier 2017 avec un capital social de 57 140 €, après plus de deux ans de R&D qui représente encore 95% de l’activité. Le projet, pour lequel plusieurs prototypes sont en cours de développement, fera l’objet d’au moins quatre brevets en 2018. Il a reçu le soutien de BPI France et de la région PACA.