Axon : forte croissance des ventes de Taser

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Cathy Robin : “Nous sommes en discussion avec des entreprises de sécurité privée pour équiper des agents avec des caméras piétons”.

La société Axon, qui commercialise les pistolets à impulsion électrique Taser et des caméras piétons pour les forces de l’ordre, enregistre en France une croissance supérieure à 50% cette année, déclare Cathy Robin, directrice générale pour la France, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« Après une période 2015-2016 de renouvellement des équipements sur des marchés déjà conquis, nous enregistrons cette année des commandes de Taser émanant de nouveaux donneurs d’ordre. En revanche, nous sommes seulement au début de la vente des caméras piéton », indique la dirigeante, arrivée en janvier dernier à la tête de la structure. Celle-ci emploie deux personnes et les ventes ont atteint plusieurs M€ en 2016. La logistique s’effectue depuis l’Allemagne et la commercialisation des Taser à destination des polices municipales est assurée par le distributeur TOE Arms, situé dans le Bas-Rhin.

 

Un parc français de 10 000 Taser

Depuis 2005, Axon a vendu un total de 10 000 Taser à la police nationale, la gendarmerie et plus récemment à certaines polices municipales. Pour les caméras piétons, le marché français s’ouvre seulement depuis quelques mois : si les premières expériences ont débuté en 2013, c’est seulement en décembre 2016 qu’un décret a fixé les caractéristiques des équipements. D’ailleurs, certaines villes ayant acheté des matériels qui se sont avérés non conformes (des caméras Gopro par exemple), se trouvent désormais dans l’impossibilité de les utiliser.

« Nous recevons les premières commandes de caméras piéton de la part des polices municipales. Elles concernent surtout des petites villes pour des quantités restreintes, de l’ordre de la dizaine », ajoute Cathy Robin. Des appels d’offres sont en cours à Nantes (pour 45 caméras), à Bordeaux (80 exemplaires) et des tests sont en cours à la SNCF et à la RATP. L’appel d’offre national initial de la gendarmerie portant sur 40 000 exemplaires a été ramené à 10 000.

« Nous sommes également en discussion avec des grands groupes de sécurité privée. Une caméra portée par un agent permet par exemple de constituer la preuve d’un vol par un individu dans un magasin ou d’apaiser une situation lors d’un contrôle. En revanche, la réglementation ne permet pas l’utilisation d’un Taser par un agent de sécurité privée », explique Cathy Robin.

Plus généralement, Axon mise beaucoup sur ses activités vidéo. Il a par exemple mis au point un logiciel de gestion des preuves numériques qui permet de traiter des images issues d’un Taser, d’une caméra fixe ou piéton : tag d’une image stockée ensuite dans une base de données pour la retrouver facilement, floutage des images, transmission sécurisée des images vers les destinataires sélectionnés, etc.

 

Leader aux Etats-Unis

Compte tenu de la sortie du décret de décembre 2016, le marché français des caméras piétons n’est pas en retard par rapport à d’autres pays européens, estime Cathy Robin. Sauf par rapport à la Grande-Bretagne qui est particulièrement en avance.

Le groupe américain est en effet bien implanté outre-Manche où il a notamment remporté fin 2016 l’appel d’offre de la police de Londres pour la livraison de 22 000 caméras piéton. En septembre dernier, il a également signé avec la police britannique des transports pour lui fournir 2840 caméras, complété par son logiciel de gestion numérique des preuves.

Créé en 1993 sous le nom de Taser, le groupe a changé de nom après plusieurs polémiques à la suite d’incidents mettant en cause l’utilisation du pistolet à impulsion électrique. Axon est très présent aux Etats-Unis où il équipe les forces de l’ordre de 38 des 68 plus grandes villes avec des caméras piétons.

L’entreprise connait régulièrement une très forte croissance : en 2016 le CA a atteint 268,2 M$, en hausse de 36% et il s’est élevé à 158,8 M$ au premier semestre de cette année en augmentation de 39%. En revanche, les bénéfices sont en recul : 17,3 M$ de résultat net en 2016 contre 19,3 M$ un an auparavant et 6,8 M$ au premier semestre 2017 contre 7,1 M$ un an plus tôt. « Nous sommes dans une politique de conquête intensive de nouveaux marchés, ce qui pèse sur la rentabilité », explique Cathy Robin.