Yan Ferrières : “Les évènements ont toujours été des cibles difficiles à protéger”.
La société britannique spécialisée dans les barrières de sécurité visant à éviter des attaques de véhicules connait une accélération de ses ventes en France, déclare à En Toute Sécurité Yan Ferrieres, responsable du service export d’ATG Access pour le monde entier.
En 2017, la société a réalisé un CA de 0,12 M€ seulement en France, mais avec un objectif d’1M€ cette année. Comparativement à d’autres pays européens ou du Moyen-Orient « le marché français commence à peine à devenir mature, au même titre que l’Allemagne ou la Scandinavie », estime le responsable, ajoutant qu’en France, l’attentat de Nice et ceux du 13 novembre ont commencé à « changer les mentalités ».
Le premier contrat d’ATG Access dans l’Hexagone date de 2011. L’entreprise fournit depuis lors certains aéroports ainsi que les ministères de la Défense et de l’Intérieur, notamment en solutions permanentes. Les municipalités — par exemple pour sécuriser leurs marchés de Noël —, les organisateurs d’événements ou la police sont quant à eux plutôt clients de ses solutions temporaires.
ATG Access, qui fabrique des bornes, bloqueurs de routes, portails, etc. destinées à stopper les véhicules, notamment des poids-lourds potentiellement chargés d’explosifs, s’adresse en premier lieu au marché britannique. Néanmoins, la société se tourne de plus en plus vers l’international et exporte désormais dans 42 pays. Elle dispose aussi de plusieurs sites de production dans le monde, à Singapour, aux Etats-Unis, en Chine ou encore aux Emirats Arabes Unis, avec un réseau de distributeurs sur place.
Contrats d’envergure au Moyen-Orient
« A l’étranger, notre plus gros marché reste le Moyen-Orient » indique le responsable export, qui a d’abord travaillé sur cette zone lors de son arrivée dans l’entreprise il y a dix ans. Sur les 10 M€ de CA réalisés à l’export (contre 0,3 M€ en 2008), entre 6 et 7 M€ le sont dans cette partie du monde.
ATG Access dispose d’une rentabilité « très saine » qui lui permet de mener des projets d’envergure, comme la sécurisation de l’aéroport de Doha, au Qatar, en 2012, pour un coût total de 8 M€. La société consacre aujourd’hui entre 5 et 7% de son CA à la R&D, avec une quinzaine d’employés, et mise sur l’innovation pour réaliser des produits peu encombrants, faciles à installer et moins coûteux.
La firme britannique basée dans le Merseyside a lancé en août dernier un système de barrage routier amovible destiné à la protection des piétons lors d’événements ponctuels. « Au départ, nous pensions atteindre un million de livres de vente sur une année et finalement cet objectif a été repli en six mois », annonce Yan Ferrieres.
Cette demande plus forte que prévu s’explique, selon lui, par l’évolution des menaces terroristes. « Lors de l’attentat de Nice en juillet 2016 ou celui de New York où un ressortissant Ouzbek avait lancé sa camionnette dans la foule, faisant huit victimes, en octobre dernier, on a pu voir que les véhicules ciblaient directement des groupes de personnes. C’est typiquement contre ce type de véhicules que nos équipements sont conçus », explique-t-il. Les événements temporaires ont toujours été des cibles difficiles à protéger, ajoute le responsable.
Si ATG Access a commencé à développer des solutions de protection temporaire, avec notamment la possibilité de louer des équipements, la protection permanente représente encore l’essentiel de son activité. A ce titre, ses clients sont « tous les sites potentiellement sensibles » : centrales nucléaires, bases militaires, stades, salles de spectacles, banques, etc.
Revendiquant une croissance annuelle moyenne de 20 à 25% sur les quatre dernières années, la société créée en 1989 et dirigée par Glenn Cooper compte environ 75 salariés et affiche un CA de 20 M€ en 2017. « Nous sommes indéniablement sur un marché d’actualité. Pour 2018, nous avons l’objectif d’atteindre 25 M€ de CA, sans passer par des acquisitions », ajoute le responsable. L’entreprise privilégie en effet la croissance organique « même s’il nous est arrivé dans le passé d’acheter certaines divisions d’entreprises qui nous ont permis d’intégrer de nouveaux produits », indique-t-il.
Blocstop bénéficie aussi d’une forte demande
Implantée à Bordeaux, la société Blocstop qui fabrique des blocs de béton destinés à stopper des véhicules conduits par des terroristes connait également une demande en fore accélération.
Actuellement 60 à 85 blocs sont fabriqués chaque semaine, mais la production pourrait quintupler. Blocstop a par exemple fourni ses blocs de béton pour le carnaval de Dunkerque, et à Paris le Grand Prix de Formule E, le festival Solidays et le festival Fnac Live, ou encore des villes comme Bordeaux ou Valenciennes.
Le CA provient à 75% de la location des blocs et les 25% restant de leur vente. Ils pèsent entre 900 kilos et 2,5 tonnes et peuvent être décorés avec des publicités ou des logos d’événements.