Estimant avoir atteint un plafond de verre sur ses marchés historiques (défense, aéronautique, recherche et industrie), l’entreprise conceptrice et fabricante et solutions de connectivité souhaite se diversifier dans la sécurité. Atem y est déjà présente depuis 2016 mais sans générer de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, l’entreprise a affiné ses ambitions avec des objectifs précis.
« Dans la sécurité, nous voulons verticaliser nos solutions avec Navtech Radar, notre partenaire anglais. Nous avons en effet repéré un trou capacitaire sur ce marché et nous pensons que nous pouvons combler ce trou. Nous avons l’ambition, et la capacité, de nous développer en tant qu’exploitant et intégrateur. A ce titre, nous commencerons la vente de nos solutions en cette fin d’année, après une trois années d’évangélisation de nos savoir-faire », explique Grégory Golf, le responsable stratégie et développement d’Atem, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Pour la partie sécurité, l’entreprise espère atteindre une centaine de milliers d’€ de CA avec ses premières ventes, d’ici à la fin du premier trimestre 2022. Elle espère générer entre 0,4 et 0,5 M€ de CA d’ici la fin de l’année prochaine. Dans ce marché que la société découvre et explore, elle affirme vouloir vendre aux intégrateurs. « Nous souhaitons nous faire connaître auprès de cinq ou six grands intégrateurs comme Spie, Eryma, Snef ou Cegelec. Pour cela, il faut convaincre le client final. Il s’agit de toucher les intégrateurs qui ont de bonnes relations avec leurs clients. Si besoin, nous pouvons mettre à niveau les petits intégrateurs régionaux afin de les rendre autonomes. Et ce afin de mailler tout le territoire français », poursuit Grégory Golf.
Intérêt pour les marchés internationaux
Siégeant à Solliès-Pont (Var), Atem s’est aussi implantée au Canada, en 2012. La société précise n’avoir qu’un représentant outre-Atlantique. Mais « le sujet de la sécurité n’est pas une priorité là-bas », ajoute Grégory Golf. Le projet d’Atem consiste en un développement via une duplication de son modèle. Il s’agit de développer une activité industrielle au Canada, pour servir notamment les États-Unis. « Nous avons pour ambition de dupliquer notre modèle en Europe également », affirme Grégory Golf.
D’ici à 2022/2023, Atem vise à conquérir le marché français et (aussi et surtout ?) les pays francophones. Le Burkina-Faso et Madagascar semblent d’ailleurs intéresser fortement l’entreprise. Il est aussi question de mettre un pied en Amérique du Sud, notamment au Brésil, dans le secteur minier. Pour l’instant, « les projets d’export sont avant tout opportunistes », selon Grégory Golf. Concernant sa clientèle, Atem affirme être en négociations avec le ministère de l’Intérieur et les aéroports français. Des expérimentations seraient en cours chez Paris Aéroport (ex-Aéroports de Paris). Quelques bases aériennes se diraient aussi intéressées par les solutions d’Atem.
La société travaille pour le moment avec trois fournisseurs : le Canadien SMC (pour ses marchés historiques), le Britannique Navtech Radar (dont Atem fut le distributeur en 2016-2017) puis VN Composites, racheté en 2020. Le groupe est également proche de la Direction générale de l’armement, car il appartient aux 4 000 PME spécialisées dans les technologies de défense.
Créée en 1990, Atem recense actuellement 30 salariés. Elle a pour PDG Arnaud Sackda, qu’il a racheté en 2007. La société utilise les guichets de soutien à l’innovation opéré par Bpifrance et par le Conseil régional Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant le volet international, Atem est soutenue par la Team Sud Export, chapeautée par la Région Sud. La partie sécurité regroupe une petite équipe composée de deux techniciens et d’une business développeuse externe. La partie sécurité d’Atem ne représentera donc, dans un premier temps, qu’un pourcentage modeste du CA des activités totales d’Atem. Globalement, la société a généré 2,8 M€ de CA en 2019, 1,8 M€ en 2020 (en raison des effets néfastes de la pandémie de covid-19). Le groupe table sur 2,4 à 2,5 M€ de CA cette année. Avant de retrouver, en 2022, les standards de 2019.