Atalian reprend Trigion Sécurité

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Richard Tranché : “Nous entrons dans une phase d’acquisitions significatives”.

Le groupe de services aux entreprises Atalian a repris les activités de son concurrent Gom Propreté et Trigion Sécurité, filiales françaises du groupe néerlandais Facilicom.

« Cette acquisition est la première de taille significative pour Atalian dans le domaine de la sécurité », déclare Richard Tranché, président du pôle sécurité et sûreté, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

Les entités reprises sont Gom Propreté, dont le CA a atteint 50 M€ en 2016, Trigion Sécurité (CA de 9 M€) et Trigion Accueil (2 M€). L’entité spécialisée dans la sécurité ne sera pas fusionnée avec Lancry Sécurité, la filiale de surveillance humaine d’Atalian. C’est Rémy Morard, son président, qui prend la présidence de Trigion Sécurité.

Les effectifs repris s’élèvent à 300 personnes réparties sur les sites de Sucy-en-Brie et à la tour Montparnasse. Alexandre Aulnette, directeur général de Trigion Sécurité, quitte l’entreprise.

Trigion Sécurité, qui réalisait un CA de 14 M€ en 2015, a perdu deux importants contrats : le groupe de protection sociale Klesia et l’Institut de lutte contre le cancer Gustave Roussy.

En France, Facilicom avait débuté dans la sécurité en rachetant ASR en 2004, qui réalisait un CA de 15 M€ à l’époque (voir ETS n°340) puis l’année suivante M2PCI, en redressement judiciaire, dont le CA était de 4 M€. L’entreprise avait démarré en France sous le nom de Prened Sécurité puis a été rebaptisée Trigion fin 2012 pour être en accord avec le nom de la division sécurité de Facilicom (voir ETS n°531). A l’époque, elle indiquait vouloir devenir un des leaders français dans les métiers de la sécurité privée. En fait, elle rencontrait des difficultés avec un CA en baisse depuis 2009, passant de 15,3 M€ à 12,3 M€ en 2011, tandis qu’elle affichait des pertes depuis 2005.

Dans son portefeuille de clients, on trouvait l’Opéra Garnier, le Palais de Chaillot (voir ETS n°532), la tour Montparnasse, Faurecia, Sony, Presstalis. En 2013, Christoph Langer, son dirigeant expliquait que Trigion était redevenu rentable, retrouvait le chemin de la croissance (avec un CA de 10,3 M€ en 2012) et cherchait à faire des acquisitions (voir ETS n°554). Une volonté qui ne s’est pas traduit dans les faits.

Le retrait de Facilicom du marché français n’est pas une première dans le monde de la sécurité : G4S et ISS ont cédé la plupart de leurs activités dans les années 2000, tandis que Brink’s a revendu la quasi-totalité de son gardiennage. Une raison commune à ces décisions : la non-rentabilité de leurs filiales en raison d’un marché trop morcelé.

 

Atalian à l’affut d’acquisitions

Alors qu’Atalian a longtemps misé sur la croissance organique dans la sécurité (voir ETS n°532), le groupe a désormais changé de stratégie.

« Nous sommes entrés dans une période d’acquisitions significatives », nous explique Richard Tranché, en précisant que les sociétés visées sont uniquement dans la surveillance humaine. « Nous examinons actuellement plusieurs dossiers et nous finaliserons probablement une ou deux opérations avant la fin de cette année », ajoute-t-il. Le groupe ne recherche pas particulièrement une taille d’entreprises définie puisque cela dépendra des opportunités qui se présenteront.

Richard Tranché répète qu’il vise un CA d’environ 300 M€ d’ici cinq ans, soit un quasi doublement par rapport à aujourd’hui avec un CA de 160 M€ (voir ETS n°625). Misant également sur la croissance organique, il avait annoncé en début d’année avoir l’intention de tripler ses effectifs commerciaux pour parvenir à 26 d’ici 2018. Atalian a élargi ses prestations à la sécurité canine et à la vidéosurveillance mobile.