Le concepteur de détection vidéo de piétons sur les engins de chantiers élargit sa gamme de produits, avec une version dédiée à l’atmosphère explosive, annonce Franck Gayraud, directeur général d’Arcure, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
« Nous visons les entreprises chimiques et énergétiques, un secteur où la conscience des problématiques de sécurité est plus développée que la moyenne », affirme-t-il. A moyen terme, cette ligne de produits qui est 50% à 100% plus chère que les équipements standards d’Arcure, devrait représenter 10% des ventes.
L’entreprise a signé un partenariat d’intégration de ses matériels avec Sick, fabricant allemand d’automatismes industriels et de robotique. « Ce type d’accord sera signé avec d’autres acteurs de ce domaine », affirme Franck Gayraud.
Arcure réfléchit à une incursion sur le marché en devenir des véhicules autonomes, car les technologies de détection sont assez comparables. « Aujourd’hui, nos produits sont dédiés aux véhicules off road, mais nous pourrions proposer des solutions pour les modèles on road de moyenne série, comme les véhicules pour pompiers, les camions spécialisés, tels les fourgons de transport de fonds ou les bennes à ordures », explique le directeur général.
En revanche, Arcure ne veut pas entrer sur le marché de la vidéosurveillance, jugée « low tech », où de grands groupes tiennent déjà le haut du pavé.
Dans l’immédiat, la société introduite en bourse début 2019 (voir ETS n°655 et 671) veut améliorer sa rentabilité, notamment par une augmentation de son CA qui s’est élevé à 7,84 M€ en 2020, en hausse de 2,8% (voir ETS n°713). Le point d’équilibre devrait se situer à 15 M€ et pourrait être atteint en 2023. Malgré un plan de maîtrise des coûts et un étalement des dépenses de R&D, la force de vente à l’international a été renforcée, notamment aux États-Unis. « Nous n’ouvrirons pas de nouveaux pays cette année, mais développons le dispositif existant », indique Franck Gayraud.
Les ventes à l’étranger comptent pour 69% du CA total et devraient monter « assez rapidement » à 80% ou 90%. D’ici peu, le CA sera réparti entre trois tiers à peu près égaux : États-Unis, Asie et Europe.
Le directeur général affirme qu’une levée de fonds n’est pas prévue, à moins qu’une opportunité d’acquisition stratégique ne se présente. « Nous sommes en veille permanente sur ce sujet, avec un intérêt marqué pour un renforcement sur le plan technologique, — notamment dans l’IA et le traitement d’images — ou pour compléter notre portefeuille », précise le directeur général.