Christian Forestier : “Nous avons devenir une des sociétés leaders dans la sécurisation des entreprises fournissant de l’hydrogène”.
Malgré le plan de soutien massif de l’Etat au secteur aéronautique, chiffré à 7 milliards €, Apsys a dû revoir ses objectifs commerciaux à la baisse en raison de la pandémie de covid-19. La société de conseil spécialisée dans la maîtrise des risques industriels d’origine technologique, filiale à 100% d’Airbus, se dit frappée dans sa croissance, en espérant renouer avec celle-ci en 2021.
« Nos objectifs commerciaux sont impactés avec une baisse d’environ 10% de notre CA par rapport à celui de 2019. Nous allons arriver cependant à rester positif. C’est une période difficile mais intéressante avec de nouveaux enjeux dans les domaines de cyber-protection et de la décarbonation. Cette crise sanitaire a entraîné une configuration de travail nouvelle avec des expressions nouvelles », explique Christian Forestier, PDG d’Apsys, lors d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
L’entreprise voit certaines de ses ambitions de l’année contrariées. Alors qu’elle affichait une croissance dynamique ces deux dernières années, passant de 42 M€ de CA en 2018 à 66 M€ en 2019, la société ne communique pas de prévisions pour 2020 en raison de l’incertitude du contexte économique. Selon son PDG, le plan de recrutement de 200 personnes prévu avant le confinement a été gelé et reporté au second semestre 2021. Apsys précise cependant ne pas avoir taillé dans ses effectifs.
Nouveaux axes de développement
Une croissance ralentie mais qui ne décourage pas pour autant Apsys et ses projets d’avant crise. Il y a six mois, la société a en effet adopté une stratégie en trois axes : la sécurité dans les nouveaux systèmes de mobilité, la cybersécurité des produits et la maîtrise d’activités à risques. L’entreprise a d’ailleurs signé, en février dernier, un accord avec Siemens Digital Industries, filiale du groupe allemand éponyme, pour mettre en commun leurs expertises en matière de cybersécurité des sites industriels sensibles (voir ETS n°696). Outre cet accord, Apsys mentionne accompagner « de nouveaux entrants » sur le marché.
Apsys poursuit depuis près de quatre ans son développement dans « les transformations sociétales » avec une stratégie claire : « devenir une des sociétés leaders qui participe à la sécurisation des entreprises fournissant de l’hydrogène », précise Christian Forestier. Pour Apsys, l’hydrogène est considéré comme l’énergie alternative du futur. C’est pourquoi sa maison-mère prépare a annoncé, en septembre dernier, la fabrication d’avions à hydrogène d’ici à 2035. Une stratégie visant à se défaire à long terme du kérosène et réduire ainsi l’important trou d’air économique que connaît le constructeur aéronautique européen.
Créé en 1985, Apsys compte 630 salariés en France. Outre son siège de Blagnac (Haute-Garonne), l’entreprise possède des bureaux à Elancourt (Yvelines), Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Nancy et Mérignac (Gironde). Elle est également présente à l’étranger avec des filiales en Allemagne et au Royaume-Uni et a installé des équipes en Espagne, en Chine, en Amérique du sud et au Mexique.
Clientèle issue du CAC 40
Les trois branches d’Airbus (défense, aviation et hélicoptères) représentent entre 70% et 75% du portefeuille d’Apsys. La filiale négocie essentiellement avec de gros acteurs privés côtés en bourse : Renault, la branche ferroviaire d’Alstom, Total, EDF et Engie. Apsys apporte également son expertise à près de la moitié des sites Seveso.
L’entreprise n’envisage pas de s’implanter davantage en France et à l’international. Une décision motivée par le fait que le nouveau territoire de conquête de la société n’est plus physique mais se trouve « dans le domaine du digital », poursuit Christian Forestier. Apsys assure d’ailleurs effectuer d’importants investissements en recherche et développement et ce malgré la crise de covid-19.
« La cybersécurité est un domaine qui monte et devient un enjeu majeur pour l’économie française. On peut presque parler de guerre économique. Avec la montée en puissance de la 5G, nous nous retrouverons avec toujours plus d’objets connectés et donc sujet à encore plus de vulnérabilité. C’est en ce sens que la nature logique de cyberprotection des produits trouve toute son expression pour Apsys », analyse Christian Forestier.