Anaveo reprend ses acquisitions ciblées

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Gregory Louis : “Il existe une vraie complémentarité avec VAE en matière de compétences et sur le plan géographique”.

Rachetée en janvier 2016 par le fonds d’investissement Bridgepoint (voir ETS n°602), Anaveo effectue sa première acquisition depuis cette opération avec le rachat de VAE, annonce Grégory Louis, président du directoire, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« VAE nous intéressait, car la société dispose d’une expertise plus large que la nôtre dans la sécurité électronique. C’est une opportunité qui permet à Anaveo de se renforcer en dehors de la vidéosurveillance, notre activité historique », précise le dirigeant.

Fondée en 1983, VAE est en effet un intégrateur de systèmes de sécurité électronique (alarme, contrôle d’accès, vidéosurveillance et anti-incendie), proposant des solutions sur mesure à des clients, dont certains sont des grands comptes. Dans ses références, on trouve ainsi des grands centres commerciaux, de même que Louis Vuitton, Sephora ou Celio. A l’équilibre positif, la société implantée au Blanc Mesnil (93) a réalisé un CA de 5 M€, dont 90% engrangé en région parisienne.

 

Répondre à des cahiers des charges plus complexes

L’entreprise est dirigée par Florence Gaby depuis le décès en 2010 de son mari Daniel, fondateur de VAE (voir ETS n°477 et 482). Voici sept ans, la société avait une taille plus importante — environ 8 M€ — et un personnel plus nombreux : 48 collaborateurs contre moins de quarante aujourd’hui, dont vingt techniciens. VAE dispose des agréments Défense nationale, Apsad R81 et R82.

« Nous avions des relations suivies avec VAE depuis longtemps, notamment avec son fondateur », nous explique de son côté Christian Snider, président du conseil d’administration d’Anaveo.

« Il existe une vraie complémentarité avec VAE en matière de compétences puisqu’ils travaillent davantage qu’Anaveo sur des gros sites et sur le plan géographique puisque nous n’étions pas assez présents en Ile-de-France », souligne Grégory Louis. « Nous n’avions pas l’expertise suffisante pour répondre à des cahiers des charges complexes. Désormais, c’est le cas », poursuit-il en annonçant le recrutement d’une personne dédiée aux grands comptes. La solution Global Secure d’Anaveo est en effet destinée aux petits sites, principalement des points de vente.

Comptant sur les synergies avec VAE en matière d’achats de fournitures, Grégory Louis veut également « relancer la structure commerciale et donner un nouveau souffle » à VAE. Les techniciens de VAE installés en province vont ainsi bénéficier du réseau de dix agences d’Anaveo. VAE sera une filiale d’Anaveo et Florence Gaby reste une année en qualité de directrice opérationnelle.

 

Projets de croissance externe

Anaveo a renforcé son comité exécutif, qui compte déjà Fabrice Tisseur, directeur commercial, Fabrice Cavanna, directeur pour la recherche et développement, Didier Nesme, responsable du bureau d’étude et des nouveaux produits et Sandrine Nergoux, responsable du service clients, de même que Richard Laheurte, le nouveau directeur technique. Un directeur financier doit être recruté.

Le groupe, qui s’est fixé un objectif de doubler de CA d’ici quatre ans pour atteindre 100 M€ (voir ETS n°603), va poursuivre ses acquisitions, annonce Grégory Louis. « Nous ciblons des sociétés de 2 à 5 M€ qui offrent des complémentarités en matière de produits ou de services. Nous pourrions concrétiser une ou deux opérations cette année », dévoile le président du directoire. Il affirme disposer d’une trésorerie « confortable » sous forme d’une ligne de crédit définie par Bridgepoint.

Une opération de croissance externe pourrait intervenir en Belgique, un pays où le groupe veut se développer. Anaveo veut croitre à l’international, notamment en Suisse. Il s’est déjà implanté au début de cette année en Italie et Pologne, mais a réduit la voilure en Chine en raison de contrats fluctuant. Les ventes à l’étranger pourraient représenter 5 à 10% de l’activité totale d’ici trois ans.

Avec 280 salariés, Anaveo a réalisé un CA un CA supérieur à 60 M€ en 2016 (contre 51,77 M€ l’année précédente), dont 85% avec des enseignes de distribution. Les autres secteurs (logistique, industrie, concessionnaires automobiles, hôtellerie, tertiaire, etc.) pourraient monter à 25% dès cette année contre 15% en 2016. De même, les activités hors vidéosurveillance devraient monter en puissance, passant de 10% en 2015 à 15% l’année suivante et 20% à la fin de cette année. La télésurveillance fait également partie des axes de développement avec plus de 1000 raccordements et une forte progression en 2016.

En 2017, le CA devrait dépasser les 70 M€ avec plus de 300 salariés.