Sébastien Zecca : “Nous conservons un esprit familial tout en disposant d’une taille conséquente”.
L’entreprise familiale spécialisée dans le gardiennage a renouvelé 100% de ses appels d’offre en 2017, annonce son président Sébastien Zecca au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité. Le dirigeant de 39 ans anticipe pour 2017 un maintien de son CA de 2016, à 15,39 M€ pour un résultat net de 0,07 M€, contre respectivement 13,38 M€ et 0,05 M€ en 2015 (+15%). Une tendance à la stagnation qui devrait encore se confirmer en 2018 selon le dirigeant, qui dit s’inscrire « dans une recherche de croissance raisonnée et maîtrisée ».
« Notre positionnement consiste à conserver un esprit familial tout en disposant d’une taille conséquente, explique-t-il. Cela se concrétise par une politique de proximité, tant à l’égard de nos partenaires et clients qu’avec nos salariés ». Il revendique à cet égard un très faible taux de turn over au sein de ses équipes, dont l’effectif s’élève à environ 400 fiches de salaires.
« Le gardiennage représente entre 70 et 80% de notre activité », indique le dirigeant. La part restante provient essentiellement d’activités de sécurité incendie et, dans une moindre mesure, de sûreté aéroportuaire. Malgré une immatriculation en 1988 au capital de 0,038 M€, la société n’a véritablement été lancée qu’en 2000, tout comme le groupe Ageparfi, auquel elle appartient. L’activité gardiennage, créée par Jacques Zecca, père de Sébastien, a été revendue à Brink’s en 2007 avant d’être rachetée six ans plus tard par Ageparfi (voir ETS n°534).
Le groupe, fondé et présidé par Jacques Zecca, 64 ans, a réalisé en 2016 un CA de 24 M€. En plus d’Altaïr, il dispose de plusieurs filiales dont un centre de formation, une société de nettoyage, un pressing industriel — qui a notamment permis d’internaliser « un fort besoin de la société sur le nettoyage des tenues » — ou encore une entreprise de travaux et de maintenance.
Pour le volet sécurité, Ageparfi a également ouvert en 2017 une nouvelle entité dédiée à la protection rapprochée, Altaïr Protec, et s’est doté, en février de la même année, d’un PC sécurité avec renvoi d’alarme, centralisation des données, etc.
Une compétence sur les lieux culturels
Sébastien Zecca exclut pour l’instant toute démarche de croissance externe, jugée potentiellement « dangereuse » sur ce marché « en pleine évolution ». De même, il n’est pas question de rejoindre un groupement de PME comme il en existe déjà dans le secteur. Au contraire, « notre force vient de notre autonomie, que nous tirons de la pleine propriété du capital, à 100% familial, souligne le dirigeant. Cela nous permet de développer et d’inculquer notre propre culture d’entreprise ».
Autre spécificité d’Altaïr : sa position stratégique en Seine-Saint-Denis. Si ses agents peuvent se déplacer en région dans le cadre de missions spécifiques, l’essentiel de l’activité s’effectue en Île-de-France. « Si nous nous développons en province, ce sera dans le cadre de création d’agences afin de garder cet esprit de proximité qui nous est cher », annonce le dirigeant, qui n’exclut pas un tel scénario dans les années à venir.
Comptant parmi ses clients — publics et privés — des grands comptes tels Brink’s, le Grand Palais ou le Grand Rex, Altaïr revendique un savoir-faire particulier sur le gardiennage des lieux culturels. En 2017, la société a notamment renouvelé et développé, en plus de son secteur bancaire, des marchés comme le Parc et la Halle de la Villette et plusieurs théâtres parisiens. Autant de lieux pour lesquels les compétences requises peuvent beaucoup varier. « Nous avons lancé des formations supplémentaires, différentes selon les sites et nous avons beaucoup travaillé sur la médiation en milieux ouverts », explique Sébastien Zecca, qui insiste sur l’individualisation des formations. Pour ce faire, il compte sur le centre interne au groupe, Ageconsulting, ouvert en 2001. Ce centre, autonome et ouvert sur l’extérieur, permet aussi à l’entreprise de recruter. « La demande et le besoin montent, et nous devons de notre côté faire monter en compétences nos collaborateurs. Nous devons être plus chirurgicaux dans l’accompagnement de chacun et développer des formations sur-mesure », défend-il.