AG2R La Mondiale : sûreté globale pour des risques variés

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Incendies, risques terroristes, cyberattaques, épidémie de Covid, inondations… Face à la multitude de menaces auxquelles AG2R La Mondiale peut être exposée, ce groupe de protection sociale français, l’un des plus gros du secteur, a mis en place une politique globale de sécurité destinée à pouvoir se protéger sur tous les fronts.

« Il nous faut à la fois veiller aux intérêts de nos 15 millions d’assurés, assurer la sûreté de nos 11 000 collaborateurs et la sécurité de plus de 250 bâtiments », confie Edouard Convain, responsable de la gestion de crise, du plan de continuité de l’activité et de la sécurité des personnes et des biens, lors d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité.

 

Attentif aux mouvements de contestation

Parmi cette multitude de menaces, l’une prédomine cependant pour ce type d’entreprise fortement dépendante de ses systèmes informatiques : la cybercriminalité. Le groupe Covéa en a ainsi fait les frais l’année dernière lors d’une attaque massive rendant notamment inopérant les sites affiliés MMA, MAAF et GMF.

« Nous nous préparons grâce à des scénarii de crises extrêmes dans ce domaine. Toutefois nous devons également être prêts à continuer notre activité face à une nouvelle vague pandémique, une cyberattaque majeure ou une catastrophe naturelle comme des inondations », affirme Edouard Convain.

De même, et comme tout établissement recevant du public, AG2R La Mondiale reste attentif en matière de risques terroristes, mais également aux éventuels actes de malveillance ou de dégradation, lors de mouvements de contestation où l’entreprise pourrait être prise pour cible. Par exemple durant les périodes de réforme des retraites.

 

Approche transverse des risques

Face à cette grande variété de risques, AG2R La Mondiale, dont la gouvernance repose sur le paritarisme et le mutualisme, a mis en place une politique de sécurité globale et autonome des personnes et des biens, validée par la direction générale. Sa mise en œuvre est portée par deux grandes branches : la direction des ressources humaines, qui a en charge la santé et la sécurité des collaborateurs, et la direction immobilière, en charge des risques liés aux bâtiments et à leur exploitation ainsi que de la sécurité des salariés et des visiteurs.

« Dans cette organisation, mes missions consistent à définir une gouvernance globale en matière de sécurité et de sûreté et d’en suivre la mise en œuvre, sans en assurer le contrôle opérationnel », précise le responsable sécurité.

Seule exception : la cybercriminalité qui reste dans le giron de la sécurité des systèmes d’information (SSI) avec une politique spécifique. « Nous ne sommes cependant pas ”silotés”, ce qui permet d’avoir une approche globale et transverse des risques, notamment lors d’exercices de gestion de crise », ajoute-t-il.

Pour infuser de manière efficace cette politique sécuritaire issue du siège jusqu’à la moindre agence d’un réseau implanté sur l’ensemble de l’Hexagone, le responsable sûreté du groupe est épaulé par un adjoint qui coordonne et anime le comité de sécurité. Celui-ci se réunit deux fois par an et suit le déploiement des différents dispositifs mis en œuvre par l’intermédiaire de correspondants locaux.

« En matière de sûreté et de sécurité, ce sont les chefs d’établissement qui ont la délégation de pouvoir. Ils s’appuient sur la direction immobilière pour mener à bien ces missions d’un point de vue opérationnel. Ainsi, le choix des sociétés de sécurité privée et la mission de leurs agents sont pilotés au niveau national. Cependant un chef d’établissement peut demander un renfort de manière ponctuelle si nécessaire », indique Edouard Convain.

 

Des badges sans nom de  l’entreprise

La réussite d’une telle organisation sécuritaire suppose cependant une large implication de l’ensemble du personnel. Que la direction de la sécurité compte bien renforcer par le renouvellement de tous les badges d’accès.

« Les failles sont souvent d’origine humaine. Il a donc fallu faire évoluer les comportements au sein de l’entreprise », affirme le responsable sécurité.

Ainsi, les futurs sésames nécessaires pour pouvoir entrer puis se déplacer librement dans l’ensemble des bâtiments d’AG2R La Mondiale ne stipuleront plus le nom de l’entreprise, ni celui de son porteur. Seul le prénom, la photo du salarié et la catégorie de personnel à laquelle il appartient (interne, externe, visiteur, sous-traitant et administrateur) seront apparents.

« Son port sera obligatoire et de manière visible. Un relooking qui devrait permettre à tout un chacun de vérifier en un clin d’œil l’identité d’une personne croisée dans les locaux. Ces badges bénéficieront également d’une technologie avancée rendant plus difficile leur falsification. On ne changera pas le logiciel ni les portiques, mais cette mise à niveau sur l’ensemble de nos établissements représentera un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros », déclare-t-il.

 

Edouard Convain : en poste depuis 2015

Titulaire d’un master 2 « risque et gestion de crise » à la Sorbonne, Edouard Convain a également suivi un cursus « sécurité, sûreté, intelligence économique » à l’institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), avant de partir deux ans à Vancouver comme « financial and risk manager » pour l’entreprise canadienne Mega Assistance Services.

Il est responsable de la gestion de crise, du plan de continuité de l’activité et de la sécurité des personnes et des biens pour AG2R La Mondiale depuis octobre 2015.

 

AG2R La Mondiale en chiffres

  • Quatre métiers : retraite complémentaire et supplémentaire, santé, prévoyance, épargne ;
  • 15 millions de personnes et d’ayants-droits protégés ;
  • 500 000 entreprises clientes soit 1 entreprise sur 4 en France ;
  • 110 accords collectifs, à l’échelle de l’en­tre­prise ou de la branche professionnelle ;
  • 11 000 collaborateurs.

Enquête réalisée par Pierre-Olivier Lauvige