Jorgen Dahl, président de Sector Alarm, mène une politique active d’acquisitions en Europe.
La société de services de téléphonie pour les entreprises annonce la signature d’un protocole de cession de ses activités sécurité au groupe norvégien Sector Alarm, un des leaders européens de la télésurveillance en Europe, qui n’était jusqu’ici pas présent en France.
Cette opération, soumise à l’approbation du ministère de l’Economie et des Finances, devrait être finalisée d’ici la fin juin-début juillet, apprend En Toute Sécurité de bonne source. Juridiquement, c’est Sector Alarm France qui va effectuer le rachat. Le groupe a en effet créé en 2011 une coquille vide à Paris, au capital de 25 000 € et juridiquement dirigée par Eystein Lund, le directeur financier de Sector Alarm.
Afone Sécurité a réalisé un CA de 6,74 M€ en 2017 (contre 6,72 M€ l’année précédente) fournissant une contribution de 0,29 M€ au résultat consolidé d’Afone Participations, sa maison-mère. La société, dirigée par Christophe Charrier, disposait d’un parc de près de 20 000 raccordements fin 2017, dont 60% sur le segment résidentiel et 40% sur le segment professionnel.
La future cession d’Afone Sécurité illustre la volonté d’Afone Participations de se recentrer sur son cœur de métier, annoncée à l’automne dernier. Le groupe présidé par Philip Fournier a généré un CA de 41,8 M€ en 2017 (-5,3%, mais n’intégrant pas Afone Sécurité) pour un bénéfice net de 3,29 M€ (contre une perte de 3,42 M€ en 2016).
Ainsi se termine la diversification dans la télésurveillance du groupe de télécom qui avait débuté en 2004 avec le rachat du télésurveilleur Blokos-Aquitaine Protection qui pesait à l’époque 3,1 M€. Un an plus tard, il reprenait Girardot 24/24, dont le CA était de 1,8 M€ (voir ETS n°376) et en 2006 ACDM Concept, filiale télésurveillance d’EDF dont le CA était de 1,7 M€ (voir ETS n°393).
En 2009, les sociétés rachetées ont été regroupées dans Afone Sécurité qui affichait à l’époque des objectifs « ambitieux » et réalisait déjà un CA de 7 M€, soit un montant plus élevé qu’aujourd’hui (voir ETS n°489). Après huit ans de développement interne, Afone Sécurité reprenait ses acquisitions régionales en rachetant en 2014 coup sur coup Cat Sécurité, SGIR et ASTP qui totalisaient un CA de 1,6 M€ (voir ETS n°575).
Des rumeurs récurrentes de cession circulaient déjà à cette époque.
Un leader de la télésurveillance en Europe
C’est donc un nouveau télésurveilleur étranger qui s’implante en France. Les firmes à capitaux étrangers contrôlent près de 40% du marché français de la télésurveillance résidentielle et 45% du segment professionnel, selon les statistiques de l’Atlas d’En Toute Sécurité. Créé en 1995 par Jorgen Dahl, son actuel président, Sector Alarm figure parmi les plus importants télésurveilleurs en Europe avec environ 500 000 raccordements et s’est récemment développé dans le gardiennage. Régulièrement rentable, le groupe connait une forte croissance, passant ainsi de 95 M€ en 2012 à 472 M€ en 2017. Sector Alarm, qui emploie 8 000 salariés, est présent dans les pays scandinaves et en Irlande, mais cherche à s’étendre au-delà de cette région : il est ainsi implanté en Espagne et donc bientôt en France.
Le groupe norvégien a mené une politique intense d’acquisitions, avec la volonté de figurer comme leader dans les pays où il s’implante. Il a ainsi racheté G4S en Norvège en 2012 (56 000 raccordements), G4S en Suède deux ans plus tard (32 000 raccordements) puis G4S en Finlande en 2016 (CA de 70 M€ et 1 800 salariés). Il s’est également emparé du finlandais Turvatiimi (CA de 35 M€ et 1 000 employés) et se positionne comme leader en Irlande après le rachat de Phone Watch en 2012 avec 85 000 raccordements. Ces deux dernières années, il a mis la main sur les espagnols Alarma Universal, Alartec et INV Proteccion lui permettant d’atteindre un parc de 30 000 raccordements dans ce pays.
La marque Sector Alarm regroupe le segment des particuliers et des petits comptes (professions libérales, artisans, etc.) tandis qu’Avarn Security est dédié aux grands comptes et à l’activité gardiennage.