Malgré une année considérée comme « blanche », la filiale française du groupe Assa Abloy spécialisée dans les solutions de sécurité, de verrouillage et d’électromécanique voit son CA prévisionnel 2020 en hausse. L’entreprise avait tablé sur 23 M€ de CA et finit à 23,5 M€. Elle se fixe un nouvel objectif pour 2021 : enregistrer 30 M€ de CA.
« En 2020, notre croissance a été coupée. C’est pour cela que nous voulons atteindre les 30 M€ de CA en 2021, pour retrouver les standards de 2019. Pour ce faire, nous avons décidé de mettre en place trois unités commerciales à la fois par l’approche client et l’approche produit. Il y a également une nécessité de continuer les recrutements. L’idée, aujourd’hui, c’est d’embaucher le plus possible pour être plus agile que la concurrence afin de vite redémarrer », explique David Geiswiller, directeur d’activité d’Abloy, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Avant la pandémie de covid-19, Abloy s’est réorganisée en trois divisions spécialisées par secteurs d’activité. La première concerne la prescription et les marchés bancaires et de la défense. La deuxième est orientée vers les marchés de la santé, de l’éducation, des musées, loisirs et collectivités locales. La troisième a été créée pour la gestion des marchés sensibles comme les télécommunications, l’énergie, l’eau, l’électricité, le pétrole, les transports et les mines.
En France, les principaux clients d’Abloy sont les mastodontes des « télécoms, de l’énergie et du transport ferroviaire », affirme David Geiswiller. En filigrane : Orange, Engie et la SNCF. L’entreprise annonce avoir bouclé « quatre projets d’envergure déployés sur trois à cinq ans » respectivement à 9 M€, 6 M€, 4 M€ et 1 M€, qui ont permis d’absorber le trou d’air qu’a connu Abloy l’an dernier.
Abloy s’est également montrée particulièrement active en termes d’embauches. « Malgré la pandémie, nous avons recruté six personnes en 2020 et deux personnes ont intégré notre effectif en janvier dernier. Nous avons encore sept postes ouverts sur l’année dont deux pour l’export », poursuit David Geiswiller. « On a eu des périodes de chômage partiel sur le premier confinement. Après, on a essayé de rebondir avec la formation à distance et nous avons favorisé le télétravail », poursuit David Geiswiller. Abloy n’a prévu ni de plan de sauvegarde de l’emploi ni de plan de départs volontaires.
Présence au Maghreb et Afrique francophone
Sur les 30 M€ de CA que souhaiterait afficher Abloy en 2021, 2,5 M€ pourraient provenir de l’export, soit 8% du CA estimé. Déjà présente dans 90 pays et bénéficiant d’un réseau de partenaires en Algérie, Tunisie, Côte d’Ivoire et Sénégal — où elle a remporté un appel d’offres du géant de l’électricité Senelec en 2019 — la filiale du groupe souhaite déployer davantage ses connexions au Maghreb et en Afrique francophone. Sur le territoire français, Abloy a établi un maillage dans tous les départements en collaborant avec plusieurs distributeurs agréés comme Intégral Système, Trenois Decamps, Foussier, Setin Martot, Vedis, Feraud, LBA Thivel.
Présente dans l’Hexagone depuis 1997, Abloy siège à Montrouge et compte 50 salariés. Elle s’appuie sur trois usines à Oust-Marest (Somme), Sainte-Savine (Aube) et Longué-Jumelles (Maine-et-Loire). Elle reçoit aussi une partie de ses solutions depuis une usine en Finlande.
A l’échelle du groupe suédois, Assa Abloy, dirigé par le Belge Nico Delvaux depuis 2018, recense plus de 48 000 salariés pour un CA de 8,2 milliards €. La filiale française, dirigée par Gonzalo Libano, a généré 240 M€ de CA en 2019 pour l’ensemble de ses activités : contrôle d’accès, équipements blindés, portes de sécurité incendie et serrurerie.