Julie Dautel : “Avec notre aérostat, nous visons notamment la sécurisation des sites Seveso”.
La jeune pousse spécialisée dans la conception et fabrication d’une plateforme aérienne, autonome en énergie, a bouclé sa deuxième levée de fonds de 0,21 M€ en décembre. Elle commencera cette année à commercialiser son aérostat. Ce matériel, dont le prix oscille entre 60 000 et 80 000 € l’unité, offre des services de télécommunications et d’observation aérienne dans des situations post-urgence.
« Nous voulons aujourd’hui prendre de la hauteur et offrir un niveau élevé de services à un coût accessible. Nous souhaitons identifier l’attraction du marché en proposant une offre simple de sécurité et investir sur la prévention des risques dans un secteur qui a connu beaucoup de précédents », explique Julie Dautel, co-fondatrice d’Eonef, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
L’activité d’Eonef se partage entre la sécurisation de zones isolées après une catastrophe naturelle, la sécurisation de lieux événementiels et de sites industriels sensibles ainsi que l’observation aérienne de lieux naturels difficiles d’accès. L’entreprise souhaite cette année pérenniser l’installation de sa solution en proposant un système de location du matériel plutôt qu’une vente définitive de celui-ci.
Le pari du financement participatif
Créée en 2016 par Julie Dautel et Cédric Tomissi, le PDG, Eonef compte cinq salariés. Implantée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) au sein d’Atrium, une pépinière d’entreprises, la société a obtenu en 2019 l’agrément ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale), s’inscrivant dans le cadre de la loi de 2014 relative à l’économie sociale et solidaire. Elle a aussi collaboré avec l’ONG française « HAND », spécialisée dans la préparation aux catastrophes naturelles, pour effectuer des tests aériens en Picardie.
Eonef prend le pari du financement participatif en actions en proposant à des particuliers d’investir dans la société (100 € le ticket d’entrée) avec la possibilité, en contrepartie, d’obtenir une déduction fiscale de 18%. Plusieurs business angels ont investi en direct au sein de la start-up. Elle a reçu un prêt d’amorçage de 0,2 M€ de Bpifrance et attend une subvention de la fondation « La France s’engage », présidée par François Hollande et fondée par BNP Paribas.
Cette jeune société a entamé des négociations avec des industriels du secteur privé. Elle figure sur une liste restreinte de grands groupes pouvant s’attacher ses services. Eonef souhaite déployer son savoir-faire dans le secteur de la sécurisation des sites Seveso et envisagerait également de conquérir des acteurs publics comme la Sécurité Civile et la gendarmerie.
Outre ces projets, Eonef indique avoir investi 1 M€ dans ses activités de recherche et développement. Elle prépare d’ailleurs une troisième levée de fonds, qui aura lieu au cours de l’année, avec pour objectif de récolter de 0,6 M€ à 0,8 M€. Rendez-vous donc en fin d’année pour connaître le premier CA de l’entreprise.